Desperado en pleine decente de la côte Atlantique de l'Amérique centrale
Chris est américain. Ou anglais.
Son idée de départ est de construire un bateau authentique, original, rapide et léger pour vagabonder vers le sud, le long de la côte Atlantique de l'Amérique centrale.

Il s'est donc installé dans la région de Veracruz, au Mexique en 2008 et a construit Desperado (précédemment nommé Rossinante, en référence au cheval de Don Quichote). Une très belle adaptation du T2 de Gary Dierking en bois latté. Desparado est plus grand, plus large et plus lourd que le T2 de Dierking.
Description de Desperado en anglais et en photos.
Chris n'a pas l'air d'avoir d'objectif très précis. Dans ma lecture de ses articles j'ai pu voir des évocations du canal de Panama.
Malheureusement, je n'arrive pas à accéder à ses relevés de GPS. Voici donc une carte rassemblant les lieux mentionnés sur son blog.
Ma lecture des récits de son aventure est très partielle. Je compléterai cet article avec le temps. Lecteur pressé, tu auras peut-être plus vite fait d'apprendre l'anglais et te rendre sur le blog de Chris pour suivre son périple.
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Article du 19 Avril 2009: Deuxième, troisième et quatrième essai
Suite à son premier essai, Chris n'est pas satisfait de gouverner avec de longs avirons. Pour y remedier, il en est à sa cinquième conception de gouvernail.
Il n'aimait pas non plus le shunt avec la voile pince de crabe. Il essaye un gréement Gibbon-Dierking.
L'essai n'est pas concluant: après environ 100 mètres, un espar en "super-bambou" pète malgré le renfort stratifié.
Il fait part d'un truc: il est vain d'essayé de renforcer un bambou avec de la résine polyester. Il ne connait que l'epoxy qui vaille le coup.
Le lendemain, Chris se rend à une régate avec une voile pince de crabe. Sa préparation pour la course tient plus de l'improvisation que de l'entrainement olympique. Ca explique peut-être en partie que pour la compétition, ce ne soit pas si évident: il gagne sur les monocoques jusqu'à ce qu'il faille remonter le vent. Son cap est 20° moins bon. Il est déçu par sa belle voile. Elle est trop creuse pour remonter correctement dans ce vent léger. Il n'a pas travaillé à l'ergonomie du shunt et chaque manoeuvre se passe mal. A un moment il met la voile à contre et doit affaler. Il ne finira pas la course.
Vitesse de pointe: 18 km/h
Article du 27 Avril 2009: 6e sortie, ça va mieux
Chris utilise des gouvernails sur le côté de la coque. L'inconvénient c'est que dans les vagues, l'eau n'est pas assez profonde pour les utiliser. Du coup, il ne contrôle rien là où il a le plus besoin de contrôle.
Il sort avec la Gibbon-Dierking. Même si c'est moins authentique, la bâche est plus satisfaisante que le tissu qu'il utilisait avant pour ses voiles.
Ca lui arrive aussi de faire des erreurs et de voir tomber le gréement.
C'est l'éclate au surf. Il arrive sur la plage comme un train lancé à pleine vitesse. Oh yeah!
Vitesse tenue: 20 km/h
"Le bateau est encore cinglé et impraticable. Il ne sera jamais comfortable ou sûr. Le vrai test viendra dans de plus grosses vagues".
Article du 9 mai 2009: La fin
Après 16 mois passés à construire et essayer Desperado, Chris déprime. Il est dans une phase de découragement face aux difficultés de mise au point. Il rentre se ressourcer dans le nord de l'état de New-York.
Le bateau va vite mais le shunt est douloureux. Le six ou septième système de direction ne lui apporte pas satisfaction. Le chien ne peut pas rester sur la plage mais il déteste de plus en plus le prao.
Il y a eu 3 ou 4 démâtages (comme moi cet été). Chacun a causé des trous dans la voile.
Les réglages changent quand le gréement est mouillé et quand il sèche. Pas moyen de resté bien réglé.
Le vent arrière est un sérieux problème. Le gréement peut venir à contre, empanner, se disloquer, faire dessaler...
Le bateau est trop lourd, pas assez volumineux. Le gréement est trop complexe, pas fiable.
Le flotteur peut partir de façon intempestive avec de possibles dégâts. On ne peut pas ressaler seul.
Livre: Le peuple de l'océan

Le prix du livre Eric Tabarly 2010 a l'air intéressant.
Il traite en parallèle l'histoire et l'art de la navigation en Europe et en Océanie.
Lib&Lul
Voici un prao très proche du Pétrel. Lui aussi connait les Alpes du nord.

Lib la grosse coque et Lul, la petite ont emmené toute la famille pour de supers vacances en Corse.
récit:
http://www.praeo.fr/images/LNautiques0107.pdf
Pirogues fijiennes
Un reportage fijien en trois parties retraçant l'histoire tardive des pirogues aux XVIIIe et XIXe siècles et évoquant le déclin au profit des confortables bateaux européens.
La deuxième partie évoque la redécouverte de la construction de praos. A 2min02, une manoeuvre de shunt. A 4 min, une belle leçon de prao traditionnel.
Troisième partie, qui aborde la navigation. Sans boussole, ils se dirigeaient par rapport à la direction des vents, des courants, du vol des oiseaux, des étoiles...
Pirogue Tahitienne
Un film d'archive du département d'ethnologie de l'université de Pennsylvanie. Période indéterminée autour du milieu du XXe siècle.
Drapeau de Polynésie

http://drapeaufree.free.fr/COLONIESFR/polynesiefr.htm
"Pour distinguer le drapeau de Polynésie française de celui de Tahiti, l'emblème fut placé au centre. Sa pièce principale est une piragua, symbole de statut social et bateau indispensable pour la pêche et comme moyen de transport. La société polynésienne est souvent comparée à une piragua et les 5 hommes et les 5 vagues représentent les cinq parties de la Polynésie française : les îles du Vent, les îles Sous-le-Vent, l'archipel des Tuamotou, les Australes et les Iles Marquises. Les rayons dorés symbolisent le soleil et la lumière, et les vagues bleues et blanches représentent les richesses du Pacifique dont le peuple a toujours dépendu pour sa subsistance."
Retour à haut risque
J'avais raison de me méfier de la remorque et de quitter l'autoroute.
Avant Lyon, dans une petite montée, j'entends un bruit et je vois dans le rétroviseur le bateau qui se couche vers le fossé.
Je m'arrête le plus vite possible. C'est l'occasion de découvrir que le triangle de détresse est de la vraie camelotte.

Verdict: les vis qui tenaient l'essieu au timon présentent une rupture par fatigue.

Que faire ? Que faire ?
La dépanneuse ? On est samedi soir. Ca va être long. Acheter des vis dans un bricomarché? Trop tard.
Il y a dans le coffre quasiment de quoi refaire un bateau.

Qu'est-ce-qu'il ferait à ma place MacGyver ?

Une voiture s'arrête. "Vous voulez un coup de main". Oui je veux bien un coup de main.
Jean me dit qu'il est bricoleur. Il fait un aller-retour pour chercher des outils et des trucs susceptibles de m'aider.
Au final, on fera un autre aller-retour chez lui.
Avec les vis des bras de liaison du bateau, des morceaux de tubes en acier tronçonnés pour faire des entretoises et des plaques en acier, la remorque est réparée et semble même mieux tenir qu'avant. Il est 22 heures. Ca fait 2h30 qu'on galère à bricoler mais au moins je peux repartir.


Merci Jean.
Rangement
Le Pétrel sur l'océan c'est fini.
Il est temps de regagner les (f)lacs de montagne.
En quelques heures, à 3, le bateau est complétement démonté et fagotté sur sa remorque.
Fred, moniteur de voile à proximité, vient discuter. C'est marrant: il connait Jérémie et a eu l'occasion de naviguer sur Equilibre. Il nous raconte comment Jérémie seul, debout, manoeuvre avec brio son bateau Equilibre.
Jérémie, si tu lis ce message, tu as le bonjour de Fred.
Navigation sur l'océan
Au large de Fort Bloqué, alors que les autres bateaux passent au large de la cardinale, on tire tout droit dans 30 centimètres d'eau. Les cailloux défilent sous le trampoline.
Au prés, bien réglés, nous sommes deux à nous occuper ... de rien. Il y a un pilote automatique de série. Le bateau suit le vent. En termes techniques ça donne: il loffe quand ça adonne et abat quand ça refuse.
Si tout pouvait marcher aussi bien sans qu'on comprenne nécessairement pourquoi ...
Le prao Pétrel à Groix !
La journée est splendide:
mer calme, petit force 3, grand soleil et un bord qui finalement s'étire jusqu'à Groix.
On a fait la traversée en un peu plus d'une heure.
A la fin du bord de retour, le vent était un peu plus fort. C'était le pied de sentir le flotteur se soulever et redescendre avec délicatesse. La coque principale trace alors un sillon dans l'eau. Le bateau va très bien.
C'est déconcertant de ne pas avoir à barrer. Mais quel confort ! L'écoute dans une main, le hauban au vent dans l'autre, la direction s'ajuste sans problème. Il faut parfois déplacer une fesse vers l'avant ou l'arrière pour un peu plus de réactivité.
On a fait une pointe à 11,1 noeuds d'après le GPS. Les séquences à la fin de la vidéo correspondent à du 8-9 noeuds à peu près constant dans du vent du même ordre de grandeur.
Extrait de conversation avec un monsieur sur la plage:
"non, la voile n'est pas en Mylar mais en bâche agricole"


